Mozzarella in carrozza : le croque-monsieur version italienne, irrésistible et fondant

Mozzarella in carrozza : le croque-monsieur version italienne, irrésistible et fondant

Oubliez le croque-monsieur, laissez-vous transporter au cœur de Naples avec son cousin transalpin, la mozzarella in carrozza. Ce trésor de la cucina povera, (la cuisine des pauvres, qui sublime les ingrédients simples), est bien plus qu’un simple sandwich au fromage frit. C’est une véritable institution, une promesse de gourmandise absolue où le croustillant d’une panure dorée vient étreindre un cœur de mozzarella filante et lactée. Son nom poétique, qui se traduit par « mozzarella en carrosse », évoquerait les fils de fromage fondu qui, lorsqu’on sépare les deux moitiés du sandwich, rappelleraient les rênes d’un attelage. Une image charmante pour un plat qui l’est tout autant.

Loin d’être un simple en-cas, la mozzarella in carrozza est un art qui requiert quelques secrets de fabrication pour atteindre la perfection. Comment obtenir cette coque dorée et non grasse ? Comment s’assurer que le fromage fonde sans s’échapper ? Nous vous livrons aujourd’hui tous les secrets de nos nonne (grands-mères) italiennes pour réussir à la perfection ce monument de la gastronomie napolitaine. Préparez-vous à transformer quelques ingrédients du quotidien en une expérience culinaire inoubliable, un voyage sensoriel sur les pavés ensoleillés de l’Italie du Sud. Enfilez votre tablier, l’atelier du bonheur fondant et croustillant est sur le point de commencer.

20 minutes

10 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Le secret d’une mozzarella parfaite

La réussite de ce plat repose sur un détail crucial : l’humidité de la mozzarella. Une mozzarella trop aqueuse détrempera le pain et provoquera des éclaboussures d’huile brûlante lors de la friture. Pour éviter ce drame culinaire, sortez votre mozzarella de son sachet au moins une heure à l’avance. Coupez-la en tranches d’environ un centimètre d’épaisseur. Disposez ces tranches sur une assiette recouverte de papier absorbant, puis recouvrez-les d’une autre feuille de papier. Appuyez délicatement pour extraire un maximum de petit-lait. Laissez-la ainsi s’égoutter et sécher à l’air libre. Une mozzarella bien sèche est la clé d’un cœur fondant et non détrempé.

2. L’assemblage du « carrosse »

Munissez-vous de vos tranches de pain de mie. À l’aide d’un couteau-scie, retirez délicatement les croûtes sur les quatre côtés. Cette étape n’est pas seulement esthétique, elle garantit une texture uniforme et une cuisson homogène. Si vous le souhaitez, vous pouvez légèrement aplatir chaque tranche avec un rouleau à pâtisserie pour compacter la mie, ce qui aidera à bien sceller le sandwich. Sur quatre des tranches de pain, déposez les tranches de mozzarella bien égouttées en laissant un petit bord libre tout autour. Si vous êtes amateur, c’est le moment d’ajouter un petit filet d’anchois sur le fromage pour une saveur plus corsée, typique de la version romaine. Recouvrez ensuite avec les quatre tranches de pain restantes et pressez très fermement avec la paume de votre main sur toute la surface pour bien souder les sandwichs.

3. La découpe et le scellage

Une fois vos sandwichs bien pressés, il est temps de les découper. La forme traditionnelle est le triangle. Coupez chaque sandwich en deux en suivant la diagonale. Vous obtiendrez ainsi huit triangles. L’opération de pressage précédente est essentielle ici : elle permet de s’assurer que le fromage est bien emprisonné. Prenez chaque triangle et pressez à nouveau les bords avec vos doigts pour parfaire le scellage. C’est votre rempart contre les fuites de fromage durant la cuisson.

4. La panure, une armure de croustillant

Préparez votre atelier de panure. Vous aurez besoin de trois assiettes creuses. Dans la première, versez la farine. Dans la deuxième, cassez les œufs et battez-les en omelette avec le lait, une pincée de sel et un tour de moulin à poivre. Le passage dans la farine est la première étape : il permet de bien assécher la surface du pain pour que le mélange d’œuf adhère parfaitement. Passez donc chaque triangle de pain d’abord dans la farine, en veillant à bien enrober tous les côtés. Tapotez pour retirer l’excédent. Plongez ensuite rapidement le triangle fariné dans le mélange d’œufs battus, en l’imprégnant de chaque côté. Laissez égoutter le surplus quelques secondes.

5. Le grand bain doré

Dans une grande poêle à bords hauts ou dans une friteuse, faites chauffer votre huile de friture à 170-180°C. Si vous n’avez pas de thermomètre, plongez un petit morceau de pain dans l’huile : s’il dore en quelques secondes en formant de petites bulles tout autour, l’huile est à bonne température. Plongez délicatement deux ou trois triangles dans l’huile chaude. Ne surchargez jamais votre bain de friture, au risque de faire chuter la température de l’huile et d’obtenir des beignets gras et mous. Faites frire chaque côté pendant environ deux à trois minutes, jusqu’à l’obtention d’une belle couleur dorée et uniforme. Le sandwich doit être bien gonflé.

6. La touche finale du chef

Une fois vos mozzarelle in carrozza parfaitement dorées, sortez-les de l’huile à l’aide d’une écumoire et déposez-les immédiatement sur une grille ou sur une assiette recouverte de papier absorbant. Cette étape permet d’éliminer l’excès d’huile et de conserver tout le croustillant. Salez légèrement pendant qu’ils sont encore chauds. Le service doit être immédiat. La magie de ce plat opère à la première bouchée, quand le croustillant laisse place à un cœur de mozzarella incroyablement filant. C’est un pur moment de bonheur régressif.

Marie Lebouc

Mon astuce de chef

Le choix du pain est primordial. Utilisez un pain de mie de bonne qualité, de préférence un peu rassis. Un pain trop frais se gorgerait d’huile, tandis qu’un pain légèrement sec assurera une coque parfaitement croustillante.
Pour une version encore plus gourmande et une croûte indestructible, optez pour une double panure. Après avoir trempé votre sandwich dans l’œuf, passez-le dans de la chapelure fine avant de le frire. Croustillance garantie !
Un secret de chef pour éviter toute fuite de fromage : une fois vos sandwichs panés, placez-les au congélateur pendant une quinzaine de minutes. Le choc thermique lors de la friture saisira l’extérieur instantanément, créant une coque protectrice qui emprisonnera la mozzarella le temps qu’elle fonde parfaitement.

Quel vin pour sublimer la mozzarella in carrozza ?

Face à la richesse et au côté frit de ce plat, il faut un vin qui apporte de la fraîcheur, de la vivacité et une belle acidité pour nettoyer le palais. Restons en Italie et plus précisément en Campanie, le berceau de la recette.

Un blanc sec et minéral sera votre meilleur allié. Pensez à un Fiano di Avellino, avec ses notes de noisette et sa belle structure, ou à une Falanghina del Sannio, plus florale et vive. Un Greco di Tufo, puissant et minéral, créera également un contraste saisissant. Si vous préférez les bulles, un Prosecco Brut sera parfait : son effervescence tranchera avec le gras et préparera votre palais à la bouchée suivante. Servez ces vins bien frais, autour de 8-10°C.

L’info en plus

La mozzarella in carrozza est un plat emblématique de la cuisine napolitaine, né de l’ingéniosité populaire pour ne rien gaspiller. Elle permettait d’utiliser le pain rassis et la mozzarella qui avait un peu perdu de sa fraîcheur. Le nom « en carrosse » viendrait donc de ces fameux fils de fromage qui se forment lorsqu’on coupe le sandwich en deux, évoquant les rênes d’un attelage. D’autres y voient une image plus simple : les deux tranches de pain formant le « carrosse » qui transporte la précieuse mozzarella. La recette a voyagé dans toute l’Italie et connaît des variantes régionales. À Rome, on y ajoute systématiquement un filet d’anchois, tandis qu’à Venise, une version appelée « mozzarella in carrozza alla veneziana » se distingue par l’ajout d’une tranche de jambon cuit et par sa forme rectangulaire.

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